L'âme staf'

Il était une fois… Bil & GrizzlyIl était une fois… Bil & Grizzly

12226405_1588322521457846_1225006511_n

Lorsque l’on voit Bil sur son fauteuil, on voit une personne handicapée et on n’imagine pas un instant que cette personne a pu un jour être un jeune homme plein de vie, avec des projets, des rêves, mais surtout qu’il se tenait sur ses deux jambes et qu’il contrôlait son corps.

Juillet 2010, Bil est en vacances à Annecy avec ses amis, il s’éclate et vit sa vie de jeune homme insouciant. Il décide d’aller faire de la plongée. C’est là que sa vie va basculer.

Il plonge, tête la première et c’est le drame. Bil perd connaissance. Il doit la vie à ses amis qui sont allés lui porter secours. Lorsque Bil reprend conscience, il est sur un lit d’hôpital en Suisse. Et là, son monde tel qu’il le connaissait, s’écroule. La sentence tombe comme un couperet, la moelle épinière est touchée, Bil est tétraplégique. Il ne parvient pas à croire ce qui lui arrive, ça ne peut être la réalité, comme ça en un clin d’œil, tout est « brisé ». Il passe deux ans à l’hôpital, deux ans de souffrance, où il attrape toutes sortes de maladies, où il perd espoir. Puis il finit par en sortir et retrouver sa famille.

Bil se dit que désormais il ne pourra plus ni se marier, ni fonder une famille, il a 25 ans et commence à ressentir un réel manque dans sa vie.

Sa famille et plus particulièrement son frère Brahim qu’il adore s’occupe de lui. Lors d’une sortie avec celui-ci, ils croisent un ami qui se promène avec son chien, un American Staffordshire Terrier.

12325243_1588322421457856_1348287532_n

Pour Bil, c’est le coup de foudre. Il tombe immédiatement amoureux du chien et de la race. « Cette présence, cette musculature, ces chiens sont magnifiques » se dit-il. Il ne pense plus qu’à eux. Les jours passent, ça l’obsède, il rêve d’en adopter un, comme il adopterait un enfant.

12476069_1588322591457839_2086476015_n

« Un jour, mon frère vient me voir et me dit : « une surprise t’attend dehors », je ne sais pas à quoi m’attendre et c’est là que je l’ai vu, mon chien, mon Grizzly, c’était une toute petite boule de poils. Dès l’instant où je l’ai vu, je me suis tout de suite senti revivre, il est ma vie, mon cœur, pour moi, ce n’est pas un animal, il est ma famille, mon fiston. Chaque jour, il me remonte le moral, il me rend heureux depuis déjà deux ans.

12596160_1588322638124501_299538684_n 12835035_1588322644791167_699515318_n

Les compères sont inséparables. Si vous voyez Bil, vous voyez celui qu’il appelle son  » fiston » Grizzly.

12324922_1588322551457843_844533691_n

« Grizzly a compris que je ne bouge pas, il est très protecteur envers moi. Il ne laisse pas les inconnus m’approcher ».

12834761_1588322368124528_30224907_n

 « Un jour, se souvient Bil, Grizzly, mon frère et moi étions au parc au bord de la Saône, il y avait des canards, Grizzly voulait jouer avec eux mais les canards n’étaient pas trop d’accords, alors Grizzly s’est mis en mode défensif, mon frère l’a attrapé, l’a gardé au pied quelques minutes puis l’a relâché. Grizzly s’est mis à courir partout et d’un coup il s’est bloqué et s’est mis en position d’appel au jeu. J’ai regardé ce qui l’avait attiré et j’ai vu un autre chien qui lui, avait le poil complètement hérissé. Les deux ont fini par se sentir et finalement se sont mis à jouer et courir à toute vitesse vers moi, Grizzly m’a sauté dessus et l’autre chien m’est rentré dedans avec une telle puissance que mon fauteuil a bien failli se renverser, j’en ai eu un fou rire. »

12834776_1588322571457841_830467080_n

 12674310_1588322548124510_1657493347_n

Le lien qui unie Bil à Grizzly est indéfectible. Il a été prouvé que les chiens sont extrêmement sensibles aux personnes mélancoliques, malades ou en situation de handicap. Ils ont une capacité extraordinaire à apporter du réconfort, nous l’avions évoqué dans notre article « il était une fois Fidjy et Déborah ». Bil l’a très bien exprimé, dès l’arrivée de Grizzly dans sa vie, il s’est senti revivre. Son chien et lui se comprennent.

Grizzly

 Mais il y a le regard des autres, le regard face au handicap, les stéréotypes sont partout, qui n’en a pas ? On voit un jeune de cité avec un staf’ et on pense systématiquement qu’il l’utilise pour des combats, pour autant, la majorité des jeunes de cité que nous rencontrons ont une histoire avec leur chien, ils les aiment et s’en occupent, ils sont complices.

12380202_1588322484791183_567316876_n

Bil nous explique « les gens nous prennent pour des extraterrestres. Certaines personnes nous demandent     «  pourquoi avoir pris cette race ? Ces chiens sont dangereux. » alors nous essayons de changer les mentalités ».

Bil souhaitait profiter de cet article pour remercier ses amis et sa famille : « je remercie tout le monde de leur soutien, ma famille qui est toujours là pour moi, c’est mon frère qui me gère il fait vraiment tout. Je leur donnerais tout l’or du monde si je pouvais ».

12516215_1588322528124512_974276994_n

Nous tenons à remercier Bil très chaleureusement pour nous avoir confié son histoire si touchante.

De la même manière que nous nous battons pour changer le regard des gens sur notre race de cœur, nous devons travailler à changer notre regard sur le handicap.